| 8e Réunion conjointe des Réseaux ENIC et NARIC Riga, lUniversité de Lettonie, le 3-5 Juin 2001
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DGIV/EDU/HE(2001) 01 rév. Groupe de travail sur les questions relatives a la reconnaissance Distribution: réunion
La Déclaration de Bologne ou, plus encore, le processus de Bologne pour la réforme de lenseignement supérieur en Europe, consécutif a cette déclaration, met en évidence les questions cruciales a régler dans lenseignement supérieur. Lobjectif premier de ce processus est de favoriser la mobilité internationale des étudiants, des diplomés et des professionnels, dans un espace universitaire européen clairement tourné vers le marché du travail. Beaucoup de méthodes et dinstruments ont été suggérés pour parvenir a cet objectif. On sintéresse essentiellement ici a la reconnaissance internationale des diplomes et qualifications. Dans cette perspective, le réseau ENIC définit, en étroite coopération avec le réseau NARIC, le programme daction a court terme pour parvenir a cette reconnaissance internationale et suggcre aux différents acteurs européens des milieux de lenseignement et du travail les méthodes et moyens daction a utiliser. Des progrcs importants ont été réalisés en ce qui concerne la reconnaissance. Ce document fait le point des principaux résultats enregistrés tant au niveau législatif, que des méthodes, des procédures, des réseaux et de linformation. Il énumcre ensuite une dizaine daspects a prendre en considération dans loptique de la reconnaissance. Avec la Convention de reconnaissance de Lisbonne, ratifiée par de nombreux Etats européens, et les Directives européennes pour la reconnaissance professionnelle, le cadre législatif international est déja largement en place. Les efforts doivent désormais porter sur lapplication de la législation en vigueur et lélaboration, la codification et la diffusion de normes de reconnaissance a léchelle européenne, par exemple sous forme dun code de bonnes pratiques. Lharmonisation des systcmes de diplomes en vigueur dans les différents pays européens facilitera la reconnaissance. Mais pour y parvenir, un échange intensif dinformations fiables sera nécessaire. Les instruments de transparence, tels que le « Supplément au Diplome », de mzme que les sources dinformation numériques, deviendront de plus en plus importants. La reconnaissance internationale des diplomes et qualifications ne perdra rien de son importance dans le contexte académique ; par contre, elle sera de plus en plus déterminante sur le marché du travail. Pour la plupart des organismes responsables de la reconnaissance, il y aura donc un net déplacement vers un groupe cible relativement nouveau et aux besoins spécifiques.
Le concept « dapprentissage tout au long de la vie » est une autre nouveauté dans ce domaine. Il saccompagne de lapparition de nouveaux prestataires et de nouvelles formes déducation, comme lapprentissage fondé sur lacquis professionnel, qui pose des problcmes inédits dans loptique de la reconnaissance. Ces évolutions exigent un renouvellement des méthodes et des procédures dévaluation : il ne sagit plus simplement dévaluer les formations et les programmes, mais les résultats de la formation et les compétences acquises. Pour tous ces aspects, la question de lassurance qualité se pose de manicre déterminante. Il est donc impératif que les réseaux des centres nationaux déquivalence coopcrent étroitement avec les réseaux dorganisme dassurance qualité compétents.
INTRODUCTION Le Groupe de travail ENIC/NARIC sur les questions relatives a la reconnaissance des qualifications dans le Processus de Bologne a été créé aux fins de veiller a ce que les connaissances et lexpérience des Réseaux ENIC et NARIC soient mises a profit dans le Processus de Bologne. Il a pour objectif dune part, didentifier les questions relatives a la reconnaissance relevant du dit Processus auxquelles il na pas encore été trouvé de solution et, dautre part, de soumettre des propositions suffisamment tot pour quelles puissent ztre prises en compte dans la préparation de la Convention universitaire qui se tiendra a Salamanque en mars 2001 et de la prochaine réunion ministérielle du Processus prévue en mai 2001 a Prague. Présidé par M. Jindra Divis (ENIC/NARIC néerlandais), le Groupe de travail sest réuni le 1er mars 2000 a Bruxelles, le 9 octobre 2000 a La-Haye et le 12 janvier 2001 a Strasbourg. Le Conseil de lEurope a assuré lessentiel des taches de secrétariat. La liste des membres de ce groupe figure dans lAnnexe II. Le Bureau de lENIC et le Conseil consultatif du NARIC ont examiné un projet avancé du rapport le 16 novembre et le Réseau NARIC en a pris connaissance lors de sa réunion du 17 novembre. Le Groupe de travail a alors reeu lautorisation de finaliser ce rapport et de linsérer dans la partie correspondante du Processus de Bologne.
LE PROCESSUS DE BOLOGNE La Déclaration de Bologne a été signée le 19 juin 1999 par les ministres de lÉducation de 29 pays européens (Annexe I). Elle sappuie sur la Déclaration de la Sorbonne signée en mai 1998 par les ministres de lÉducation franeais, allemand, italien et britannique. Déclaration fondamentale sur la politique et la réforme de lenseignement supérieur en Europe, la Déclaration de Bologne fait partie dun processus - connu sous le nom de Processus de Bologne - mis en place par les pays participants et dont la Commission européenne, la CRE - Association des Universités européenne - la Confédération des Conférences des Recteurs de lUnion européenne, le Conseil de lEurope, la Tribune étudiante - The Student Platform- et EURASHE sont également les partenaires clés en ce qui concerne le processus de suivi. La Convention universitaire, qui se tiendra a Salamanque les 29 et 30 mars 2001, ainsi que la Conférence ministérielle, prévue les 18 et 19 mai 2001 a Prague, constituent les prochaines réunions majeures du Processus de Bologne. Cinq points de la Déclaration de Bologne ont spécifiquement trait a la reconnaissance des qualifications :
Limportance des questions relatives a la reconnaissance, telle quelle se voit soulignée dans le Processus de Bologne, constitue le point de départ retenu dans ce document dont lobjectif est dexposer quelques-unes des questions clés quil conviendra daborder afin de faire progresser la politique de reconnaissance vers la création dun Espace européen de lenseignement supérieur et, en particulier, dattirer lattention sur la manicre dont divers acteurs, notamment les Réseaux ENIC et NARIC - comme les différents ENIC et NARIC - peuvent y contribuer. Le panorama des questions essentielles sera précédé dune brcve présentation des Réseaux et des principaux résultats obtenus en maticre de reconnaissance des qualifications au cours de ces dernicres années. POINT DE DÉPART - LES RÉALISATIONS EN MATICRE DE RECONNAISSANCE Avant denvisager lavenir il serait peut-ztre utile de revenir un instant sur le passé. Dimportants progrcs ont été accomplis depuis quelque quinze ans pour améliorer le systcme de reconnaissance des qualifications. Au nombre des réalisations les plus importantes on compte : La Convention de Lisbonne sur la reconnaissance (Conseil de lEurope/UNESCO) qui offre un cadre général pour la reconnaissance des qualifications dans la Région européenne. Elle remplace plusieurs conventions antérieures désormais périmées et définit un nouveau cadre juridique. On trouvera la liste actualisée des signatures et ratifications a ladresse suivante : /treaty/EN/cadreprincipal.htm. Les Directives européennes 89/48/EEC et 92/51/EEC qui définissent le cadre pour la reconnaissance des qualifications donnant acccs a des professions réglementées dans les pays de lUnion européenne et de lEspace économique européen. Mis au point conjointement par la Commission européenne, le Conseil de lEurope et lUNESCO-CEPES, le Supplément au diplome propose un modcle pour décrire différentes qualifications et en faciliter lévaluation par les évaluateurs de qualifications et les responsables des admissions étrangers. Le Supplément au diplome aide a situer une qualification dans le systcme éducatif auquel elle appartient. LECTS (Systcme européen de transfert de crédits) qui, créé par la Commission européenne, facilite le transfert des crédits obtenus lors de périodes détudes a létranger vers létablissement dorigine (ou un autre). Ainsi, les étudiants ne seront pas perdants sils suivent une partie de leur formation diplomante dans un établissement étranger. Les Réseaux ENIC et NARIC constituent, quant a eux, un important forum pour lélaboration de politiques et de pratiques européennes de reconnaissance de mzme que pour la coopération entre les différents centres dinformations. Les deux Réseaux coopcrent trcs étroitement et tiennent des réunions annuelles communes, le Bureau de lENIC et le Conseil consultatif du NARIC font de mzme. Le Réseau ENIC a également un role statutaire dans la mise en oeuvre de la Convention de Lisbonne sur la reconnaissance. Le Réseau NARIC inclut les États de lUnion européenne et de lEspace économique européen ainsi que les Pays associés. Le Réseau ENIC englobe lensemble des NARIC, toutes les parties a la Convention culturelle européenne (Conseil de lEurope), les membres de la Région Europe de lUNESCO les parties a la Convention de Lisbonne sur la reconnaissance et/ou les parties a la Convention régionale de lUnesco pour lEurope, il couvre par conséquent la totalité des pays européens ainsi que lAustralie, le Canada, Israel et les États-Unis dAmérique. Bien que la reconnaissance universitaire constitue le champ dactivité principal des deux réseaux, de nombreux NARIC servent aussi de points de contact pour les Directives de lUE sur la reconnaissance professionnelle. Essentiellement coneue par lUNESCO-CEPES et adoptée par le Comité de la Convention de Lisbonne sur la reconnaissance en juin 1999, la Recommandation sur les Qualifications internationales dAcccs facilitera la reconnaissance des qualifications de fin détudes ne relevant pas dun systcme éducatif national afin de permettre lacccs a lenseignement supérieur. Deux initiatives importantes sont également en préparation, a savoir : un projet de Code de bonnes Pratiques pour la Prestation dun Enseignement transnational élaboré par un groupe de travail pour lequel lUNESCO-CEPES a assuré la majeure partie des taches de secrétariat et un projet de Recommandation sur les Critcres et Procédures pour lÉvaluation des Qualifications étrangcres et des Périodes dÉtudes pour lequel le Conseil de lEurope a assuré la majeure partie du secrétariat. On espcre que les deux textes pourront ztre soumis au Comité de la Convention de Lisbonne sur la reconnaissance pour adoption en 2001. Plusieurs groupes de travail de lENIC ont abordé des questions de reconnaissance particulicres. Outre certains groupes qui ont, par exemple, formulé des propositions de textes normatifs sur lenseignement transnational ou sur les critcres et procédures, on mentionnera ceux qui se sont penchés sur la reconnaissance des qualifications européennes et américaines, léducation en Russie et la reconnaissance des qualifications des réfugiés. Enfin, exereant son activité au début des années 1990, le groupe NEED a fourni une premicre vue densemble des systcmes déducation et de qualifications des pays dEurope centrale et orientale aprcs les changements politiques qui ont permis une coopération paneuropéenne totale. Comptant des représentants des réseaux ENIC/NARIC et des évaluateurs de qualifications des établissements denseignement supérieur parmi ses membres, la section professionnelle de lACE de lAssociation européenne pour lÉducation internationale (EAIE) contribue a lélaboration de politiques et de bonnes pratiques ainsi qua la formation des évaluateurs de qualifications en maticre de normes et de pratiques européennes. Le programme PHARE multipays - qui comporte un volet sur la reconnaissance des qualifications et un autre sur lévaluation de la qualité - a concouru au développement des pratiques de reconnaissance dans les pays y participant ainsi qua la création de centres nationaux dinformations dans ces mzmes pays. Les efforts concernant la diffusion de linformation effectués dans le cadre de ces deux volets du programme ont facilité la coopération entre les spécialistes de la reconnaissance des qualifications et de lévaluation de la qualité. Des progrcs considérables ont également été réalisés aux niveaux régional et national non seulement en maticre de mise en oeuvre de politiques et de pratiques de reconnaissance mais aussi et surtout sur les plans de la formation des évaluateurs de qualifications comme de la sensibilisation. Cest ainsi que, par exemple, dans de nombreux pays les séminaires nationaux ont été loccasion doffrir tant une formation quun cadre de discussion ou que, par ailleurs, lEstonie, la Lettonie et la Lituanie ont conclu un accord régional sur la reconnaissance des qualifications fondé sur les principes de la Convention de Lisbonne. De mzme, il existe a léchelon nordique une coopération solidement établie dans le domaine de la reconnaissance. Elle repose sur lAccord de Sigtuna de 1975 par le vecteur de la collaboration instaurée au sein du Conseil nordique des ministres, entre les ministres de lÉducation des différents pays nordiques et par lintermédiaire de lAssociation nordique des Administrateurs universitaires (NUAS). On notera également dimportants développements intervenus au niveau institutionnel et notamment la mise en place de programmes doubles ou multiples grace auxquels les étudiants obtiennent des éléments de leur diplome dans deux ou plusieurs établissements. Les accords institutionnels qui constituent la base de ces programmes représentent une forme trcs concrcte de reconnaissance. Tout en y contribuant, lensemble des initiatives mentionnées ci-dessus a partiellement codifié ce qui constitue peut-ztre lévolution la plus importante : le changement dattitude a légard de la reconnaissance. Lévaluation des qualifications étrangcres ne consiste plus tant a comparer dans le détail des listes douvrages étudiés et des programmes denseignement qua déterminer si les postulants ont des savoirs et des savoir-faire analogues a ceux quils auraient acquis sils avaient obtenu un diplome dans le pays ol ils déposent leur candidature. Le vocabulaire employé reflcte également cette tendance dans la mesure ol lon parle de moins en moins déquivalence et de plus en plus de reconnaissance. LES PERSPECTIVES Malgré les progrcs accomplis, il reste beaucoup a faire. Dans cette partie du document se trouvent formulées une série de considérations et de questions ainsi que des suggestions dactions possibles permettant de relever les défis décrits.
La Convention de Lisbonne sur la reconnaissance des qualifications relatives a lenseignement supérieur du Conseil de lEurope/UNESCO et les Directives de lUE sur la reconnaissance a des fins professionnelles constituent le pivot de ce cadre. On pourrait mzme arguer que les limites de ce quil est possible de réglementer par des dispositions juridiques sont pratiquement atteintes. La législation ne vaut que dans la mesure ol lon est capable de limplanter et de lappliquer. Sa mise en place - ou du moins sa mise en oeuvre - présuppose que les États ou les organismes supranationaux ont un minimum dautorité en la maticre. Pour ce qui est de la reconnaissance universitaire, les établissements denseignement supérieur fonctionnent au sein dun cadre général dautonomie institutionnelle. Donc, bien quils soient tenus par des réglementations générales, il y a des limites a linfluence directe de lÉtat sur les décisions auxquelles parviennent les différents établissements en maticre de reconnaissance. Par ailleurs, de nouveaux développements tels que lenseignement transnational ou dautres types et modes déducation récents prennent une importance croissante or, certains ne sont pas clairement rattachés a la juridiction territoriale. Il nest pas évident que lautorité nationale ou internationale/européenne suffira pour que, dans leur cas, des mesures législatives constituent une forme de rcglement viable. Mzme si le cadre juridique international semble ztre largement en place, il y aurait lieu de revoir la législation nationale afin den vérifier la compatibilité avec ledit cadre ainsi que détudier la possibilité et le bien-fondé de linstauration daccords régionaux complémentaires.
Cette considération a trait au développement de lenseignement supérieur européen. La Déclaration de Bologne prévoit deux grands niveaux de qualifications - avant et aprcs la licence - et une durée minimum pour chacun deux. Il ne faudrait cependant pas voir la une tentative dharmonisation. Tout porterait plutot a penser que lEspace européen de lenseignement supérieur se caractérisera toujours par sa diversité. Les programmes denseignement et les qualifications élaborés aujourdhui sont, en général, de plus en plus spécialisés. Si cette tendance présente de nombreux aspects positifs, elle ne facilite pas la lisibilité, pour reprendre le terme utilisé dans la Déclaration de Bologne. Il est par conséquent nécessaire dinstaurer un cadre systématisé pour gérer cette diversité, cadre que suggcre la Déclaration de Bologne. Les Réseaux ENIC et NARIC ont un role important a jouer dune part, en contribuant a la conception de cette partie du cadre pour un Espace européen de lenseignement supérieur et, dautre part, une fois ledit cadre élaboré et accepté, en proposant des modcles et des formats qui permettront dapporter les informations de manicre a ce quelles correspondent aux critcres du cadre et soient aussi transparentes que significatives. Il faudrait donc que les Réseaux ENIC et NARIC coneoivent et diffusent des normes européennes ou des modcles pour la fourniture de données sur les systcmes denseignement supérieur. On rappellera a ce sujet que le Supplément au diplome de la Commission européenne, du Conseil de lEurope et de lUNESCO-CEPES présente un format pour la description des différentes qualifications. Il serait donc particulicrement important de créer des formats pour la description des systcmes denseignement supérieur. Une mise en oeuvre généralisée du Supplément au diplome exigera également des efforts considérables. La Commission européenne lance actuellement un projet dapplication concernant les pays de lUE/EEE . On pourrait arguer quun vaste projet de mise en place portant sur tous les États signataires de la Déclaration de Bologne sinscrit naturellement dans le Processus, il nécessiterait toutefois un financement supplémentaire Il est fort probable que la réforme des systcmes denseignement supérieur sorientant vers un modcle en deux paliers, tel quon le trouve esquissé dans la Déclaration de Bologne, conduise a une terminologie plus uniforme. Cette terminologie risque cependant docculter des différences considérables entre divers systcmes fonctionnant au sein dun cadre commun. Linformation sur ce type de dissemblances rémanentes constituera une tache importante pour les Réseaux ENIC et NARIC. Les divergences en question ne seront pas obligatoirement un obstacle a la reconnaissance a condition de ne pas ztre pereues en termes de qualité inférieure mais plutot en termes dorientations ou de priorités différentes a des niveaux de qualification identiques. Lun des autres problcmes qui se pose consiste a trouver le moyen de garantir que les informations fournies sont a jour. Le Réseau ENIC a constitué un Groupe de travail sur la communication et linformation électroniques chargé détudier un certain nombre de questions concernant lapport, lactualisation et lorganisation des informations ainsi que la communication entre les ENIC. Les renseignements connexes au Réseau ENIC diffusés sur le Web constituent déja un grand pas dans cette direction.
Il a été identifié trois types de reconnaissance :
On peut cependant considérer que la distinction principale se situe entre la reconnaissance professionnelle de jure (a savoir celle donnant acccs aux professions réglementées) et toutes les autres formes de reconnaissance. Si le marché du travail sinternationalise de plus en plus, il sensuit que la reconnaissance aux fins daccéder a la partie non réglementée du dit marché gagnera, elle aussi, davantage dimportance. Outre les qualifications officielles de lenseignement supérieur cette évaluation devra également prendre en compte les compétences acquises au travers de lexpérience professionnelle. Une telle évaluation sera capitale aussi bien pour accéder au secteur non réglementé du marché du travail que pour permettre a ceux qui le souhaitent de revenir dans le systcme de lenseignement supérieur afin de poursuivre et dactualiser leurs qualifications sur la base de leur formation supérieure antérieure et de leur acquis professionnel. Les employeurs auront un besoin croissant dinformations fiables sur les qualifications étrangcres, par le biais, notamment, de déclarations de reconnaissance émanant dautorités compétentes en la maticre. En conséquence, les évaluateurs de qualifications se verront de plus en plus confrontés a des questions de reconnaissance professionnelle de facto impliquant le développement de leurs savoir-faire et, dans certains cas, un changement dattitude. Les Réseaux ENIC et NARIC devraient jouer la un role important dans la mesure ol ils pourraient fournir ces informations, former les employeurs, les organismes professionnels et les autres partenaires du marché du travail aux questions et aux pratiques de reconnaissance et travailler avec eux a la définition de leurs besoins dans ce domaine.
Cette situation résulte des modifications intervenues dans la manicre dacquérir et de transmettre tant les savoirs que les savoir-faire - cest-a-dire les changements dans lapprentissage et dans lenseignement. Une part plus réduite de lactivité éducative se déroulera dans le cadre des structures traditionnelles (salles de classe, campus). Lenseignement sera de plus en plus dispensé sous des formes nouvelles : Internet, dispositifs transnationaux, combinaison dapprentissage traditionnel et non traditionnel, reconnaissance de formations antérieures de types variés - y compris les acquis professionnels et technologiques. Lenseignement non traditionnel sorganisera majoritairement de manicre différente dans le temps. Léducation tout au long de la vie est a cet égard un concept fondamental, toutefois, il ne sagit pas uniquement de cursus spécialement coneus pour des actifs qui posscdent un diplome, ont besoin délargir leurs compétences et sont przts a consacrer des sommes importantes a cette formation (ou dont les employeurs sont disposés a le faire). Léducation tout au long de la vie fera en fait davantage partie intégrante de la mission de lenseignement supérieur. Une question cruciale se pose : faudra-t-il mettre en place une série distincte de qualifications pour lapprentissage non traditionnel ou inclure ledit apprentissage dans le systcme général de qualifications ? La premicre option risque de dévaloriser limage de lapprentissage non traditionnel sans que la question de la reconnaissance se trouve résolue pour autant, quant a la seconde, elle implique une révision considérable de la faeon dont les qualifications sont obtenues et reconnues. Il faudrait ajouter au concept de programmes détudes celui ditinéraires dapprentissage : ainsi, plutot que de parler de qualifications non traditionnelles, lobjectif serait de créer des itinéraires alternatifs permettant daccéder a une mzme série de qualifications et dévaluer ces qualifications en fonction non pas de la voie empruntée pour les acquérir mais de la solidité des savoir-faire et des compétences quelles véhiculent.
Daucuns voient peut-ztre dans lenseignement transnational une sous-catégorie de léducation non traditionnelle. Néanmoins, la croissance galopante des dispositifs transnationaux et le fait quils se développent indépendamment - ou a lextérieur - de toute juridiction territoriale justifie quune considération distincte soit consacrée a ce type de formation. Lenseignement supérieur franchisé, les institutions extraterritoriales et lenseignement supérieur virtuel sur lInternet sont quelques-unes des formes les plus fréquentes de loffre denseignement transnational. Cette liste dexemples nest toutefois pas exhaustive, loin sen faut, et il y a de fortes chances den voir apparaitre de nouvelles variétés dans les années a venir. Susceptible doffrir davantage de chances a ceux qui nont pas nécessairement la possibilité daccéder a un programme denseignement supérieur traditionnel, la prestation dun enseignement transnational peut également favoriser le développement de nouveaux modes dapprentissage et denseignement. Il existe néanmoins un problcme important concernant dune part, le controle de la qualité des programmes denseignement transnational, et, dautre part, la garantie de ladéquation et de lexactitude des informations fournies aux étudiants sur les programmes transnationaux auxquels ils désirent éventuellement sinscrire. Cette situation proccde en partie de labsence ou de lambigulté de la législation nationale et internationale a légard de ce type de prestation. La rapidité du développement des technologies de la communication et de linformation complexifie les questions de juridiction territoriale mais en réduit probablement aussi la pertinence. Linformation et les bonnes pratiques prévaudront certainement sur les réglementations juridiques pour aider les étudiants et les employeurs a distinguer les programmes transnationaux de qualité des moins satisfaisants. LUNESCO-CEPES et le Conseil de lEurope ont élaboré un projet de Code de bonnes Pratiques pour la Prestation dun Enseignement transnational qui, approuvé par le Réseau ENIC au cours de sa réunion de 2000 (Bruxelles, 22-24 mai), sera soumis pour adoption au Comité de la Convention de Lisbonne sur la reconnaissance lors de sa prochaine réunion (Riga, 6 juin 2001).
Tous les aspects bricvement exposés dans les quatricme, cinquicme et sixicme considérations convergent dans la mzme direction, a savoir quil faut accorder davantage dimportance a lévaluation des résultats de lapprentissage et des compétences qua la manicre dont les qualifications ont été obtenues. Il serait erroné de dire que cette évaluation nexiste pas aujourdhui et, en fait, plusieurs initiatives encourageantes ont déja été prises en ce sens. Ce travail est actuellement en cours aux Pays-Bas, par exemple, (par lintermédiaire du projet ACCEPT du NUFFIC, lENIC/NARIC néerlandais), en Sucde et au Royaume-Uni. Élaboré par la Division des Langues vivantes du Conseil de lEurope, le Portfolio européen des Langues propose un cadre pour décrire les compétences langagicres. Il est également trcs probable que les futures versions de lECTS insisteront beaucoup plus sur les résultats de lapprentissage. Il y aura cependant lieu de progresser dans cette voie. Les résultats de lapprentissage décrivent les objectifs plus ou moins traditionnels du programme détudes ou du processus éducatif alors que les compétences dépeignent les savoir-faire réels de la personne concernée, quils aient été acquis au moyen de programmes denseignement officiels, dun apprentissage non traditionnel ou mzme de lexpérience professionnelle. Il convient de mettre en place des méthodes et des procédures permettant de décrire et de comparer tant les résultats de lapprentissage que les compétences. Limportance accordée par le passé, et encore aujourdhui, a la durée des études sexplique en partie par le fait que cette durée (notamment quand elle est exprimée en années, ce qui nest au demeurant pas la seule unité de temps) est considérée comme une indication facilement quantifiable et compréhensible de la charge de travail. Loin dztre idéale, cette notion a soulevé maintes objections mais il semble quelle reste relativement bien admise, mzme par ceux dont les demandes de reconnaissance ne sont pas totalement acceptées. Si lon doit sacheminer vers une évaluation directe des résultats de lapprentissage et des compétences, il faudra élaborer dautres normes.
Cest la une des conséquences logiques de la diversification. Face aux vastes possibilités de lenseignement supérieur, dont beaucoup ne relcvent pas du systcme national traditionnel, il devient de plus en plus nécessaire de distinguer les programmes de bonne qualité des programmes de qualité moindre. Il est en effet légitime que les étudiants effectuent leurs choix de formation en toute connaissance de cause, de mzme, les employeurs et les autres établissements denseignement supérieur ont le droit de disposer dinformations fiables sur les qualifications quil leur est demandé de reconnaitre. Les étudiants peuvent certes choisir de consacrer leur temps et leur argent a obtenir des qualifications qui ne seront pas facilement reconnues, mais ils doivent ztre informés des conséquences éventuelles de leur décision. Ceci implique également une promesse, au moins tacite, de reconnaissance si certaines conditions sont remplies. Ainsi, les étudiants qui suivent :
devraient aussi ztre en droit de voir leurs qualifications reconnues. Le Réseau européen dÉvaluation de la Qualité [European Network for Quality Assessment (ENQA)] vient dztre créé a lintention des pays de lUE. Il sagit en loccurrence dune avancée trcs positive et il conviendrait non seulement dencourager la coopération entre les Réseaux ENIC et NARIC et lENQA mais également dinciter lENQA a étendre son champ daction aux États qui ne sont pas membres de lUE.
Mzme si presque tous les États parties a la Convention culturelle européenne et/ou membres de la Région européenne de lUNESCO participent aux Réseaux ENIC et/ou NARIC, il est nécessaire, pour diverses raisons, de concentrer les efforts sur certains pays et certaines régions. La Déclaration de Bologne mentionne plus spécifiquement lEurope du Sud-Est ol le Conseil de lEurope, lUNESCO et la Commission européenne sont déja actifs. Les Réseaux ENIC et NARIC ont une expérience et une expertise qui seraient parfaitement adaptées pour élaborer des politiques et des pratiques de reconnaissance dans des régions qui demandent une attention particulicre de la part de la communauté internationale. Cette action contribuerait amplement a faire participer, de manicre formelle ou informelle, de nouveaux pays a lEspace européen de lenseignement supérieur.
Si lun des objectifs déclaré du Processus de Bologne est de rendre lenseignement supérieur européen plus compétitif dans dautres parties du monde, il savcre que, parallclement, ledit Processus a suscité un intérzt certain bien au-dela des fronticres de lEurope, notamment en Amérique latine. Conjuguée a une description plus transparente des qualifications et des systcmes éducatifs européens, lamélioration des politiques et des procédures de reconnaissance aidera a renforcer la position internationale de lenseignement supérieur européen. Dans le mzme temps, ces politiques constituent, en quelque sorte, des modcles pour dautres régions. Les différentes mesures exposées dans le présent document pourront en conséquence servir la dimension extérieure du Processus de Bologne de deux manicres : dune part, en augmentant la transparence de lenseignement supérieur européen et en le faisant mieux connaitre a léchelon international et, dautre part, en contribuant a lamélioration des politiques et des pratiques de reconnaissance dans dautres parties du monde - ce qui profitera également a lenseignement supérieur européen en facilitant la reconnaissance de ses qualifications hors dEurope. Le Réseau ENIC est a cet égard un outil particulicrement précieux, non seulement parce quil comprend des membres non européens mais aussi parce quil peut coopérer directement avec les réseaux similaires de lUNESCO concernant les autres régions du monde. Selon lesprit de la Déclaration de Bologne qui souligne limportance de la coopération entre lenseignement supérieur européen et dautres parties du monde, il conviendrait dutiliser lexpertise des réseaux ENIC et NARIC aux fins de renforcer le travail sur les questions relatives a la reconnaissance a lextérieur de lEspace européen de lenseignement supérieur. Dans le contexte de la Convention de Lisbonne sur la reconnaissance, les contacts avec les autres Régions UNESCO et Conventions régionales sont également importants et pourraient constituer la base dune contribution européenne concrcte en ce domaine.
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